Portfolio UGC : comment le créer, même sans marque

Kathleen, créatrice UGC, en selfie à Paris devant la tour Eiffel

Pour créer ton portfolio UGC sans aucune marque, tu tournes toi-même quelques projets fictifs avec des produits que tu as déjà chez toi : un témoignage, un unboxing, une démonstration, comme si une marque te les avait commandés. Tu les rassembles dans un document simple, sur Canva, Notion ou Adobe Express, avec qui tu es, ce que tu proposes et tes infos pratiques. C’est ce portfolio, pas tes abonnés, qui montre à une marque que tu peux être sa créatrice UGC.

Mis à jour le 9 octobre 2026

Une question te bloque : comment montrer ton travail alors qu’aucune marque ne t’a encore fait confiance ? C’est le serpent qui se mord la queue. Je suis passée par là moi aussi.

Bonne nouvelle : ton portfolio, tu peux le construire seule, chez toi, avec ton téléphone. Voici ce qu’il doit contenir, comment le remplir, avec quel outil, les erreurs à éviter et quand l’envoyer.

C’est quoi, un portfolio UGC ?

Ton portfolio, c’est ta vitrine. Un document ou une petite page que tu envoies à une marque pour lui montrer, en quelques minutes, qui tu es et ce que tu sais faire.

En UGC, la marque n’achète pas ton audience : elle achète ton contenu et le droit de l’utiliser. Elle a donc besoin de voir des exemples de tes vidéos, pas ton nombre d’abonnés. Si ce point te fait encore douter, j’en parle en détail dans l’article sur l’UGC sans abonnés.

Que mettre dans ton portfolio UGC ?

Un bon portfolio de créatrice UGC va à l’essentiel. Il contient cinq choses :

  • Qui tu es, en 1 ou 2 phrases. Ton prénom, ton univers, ce que tu aimes filmer. Pas ta biographie complète.
  • Les types de contenus que tu proposes, avec des exemples. Vidéo témoignage, unboxing, démonstration : chaque type est illustré par au moins une vidéo.
  • Les avis de clients et de marques, quand tu en as. Au début, tu n’en as pas, et c’est normal. Cette partie se remplira au fil de tes collaborations.
  • Tes infos pratiques et tes délais. Comment te contacter, en combien de temps tu livres, combien de révisions sont incluses (en général 1 à 2).
  • Tes tarifs, ou la mention « sur devis », avec ce qui est inclus. Par exemple : le script, le montage, le nombre de hooks.

Un mot te parle peu (hook, révisions, droits d’usage) ? Il est expliqué dans le glossaire UGC.

Comment remplir ton portfolio UGC sans aucune marque ?

C’est souvent là que ça coince. La réponse tient en une phrase : tu crées des projets fictifs avec des produits que tu as déjà chez toi, et tu les travailles comme si une marque te les avait commandés.

Choisis des produits que tu as déjà

Une crème, un shampoing, une boisson, un ustensile de cuisine, un vêtement que tu portes souvent : regarde autour de toi, tu as déjà de quoi tourner. Pas besoin d’acheter quoi que ce soit.

Si tu vises un type de marques, prends des produits proches de leur univers : une marque de soins se projettera mieux devant une vidéo skincare. Tu n’es pas obligée de te spécialiser : moi, j’ai choisi de ne pas me nicher, parce que c’est le métier qui me plaît, pas une catégorie de produit. Les deux choix fonctionnent.

Kathleen tourne une vidéo UGC food avec un dessert
Un dessert, une boisson, un soin : chaque produit du quotidien peut devenir une vidéo UGC.

Tourne les trois formats de base

Pour montrer ce que tu sais faire, couvre les formats de base qu’on retrouve dans les grilles de tarifs :

  • Un « faux » témoignage : face caméra, tu donnes ton avis sur un produit que tu utilises vraiment, comme une cliente qui le recommande à une amie.
  • Un unboxing : tu ouvres l’emballage comme si tu venais de recevoir le colis, tu découvres le produit, tu montres les détails.
  • Une démonstration : tu montres le produit en action, étape par étape, jusqu’au résultat.

Écris-toi un mini brief

Pour que ton projet fictif ressemble à une vraie commande, pars d’un brief, comme le ferait une marque : quel produit, pour qui, quel message, quelle durée.

Ensuite, garde une structure simple : un hook (la première phrase qui accroche), le problème, la découverte du produit, le résultat, et un appel à l’action. Parle comme à une amie. Ajoute quelques B-roll, ces plans secondaires sur les détails du produit, les gestes, les textures : ils donnent du rythme à ta vidéo.

Reste transparente

Ces vidéos sont des exemples de ton travail, pas des collaborations payées. Pas besoin de faire croire le contraire : ce que la marque regarde, c’est ta façon de filmer et de présenter un produit.

Mon exemple : plus d’un an avec mon téléphone et ma fenêtre

Tu as peur que ton portfolio fasse « amateur » faute de matériel ? Laisse-moi te raconter mon début.

Mon tout premier projet rémunéré, des faux ongles à coller, je l’ai filmé presque sans matériel : peut-être une petite ring light, sans doute pas de trépied. La marque était contente, et elle est revenue plusieurs fois.

Ensuite, j’ai filmé plus d’un an avec seulement mon téléphone et la lumière de ma fenêtre. Rien d’autre. Aujourd’hui, je suis créatrice UGC à plein temps depuis 3 ans, avec 10 à 15 projets par semaine.

Ce qui compte dans tes vidéos de portfolio : une image nette, une belle lumière, un son clair, un produit bien mis en valeur. Une fenêtre en journée fait très bien le travail. Le matériel est optionnel, tu verras plus tard si tu en as besoin.

Et si tu pars vraiment de zéro, sans avoir jamais filmé, lis aussi mon article pour se lancer en UGC sans expérience.

Avec quel outil créer ton portfolio UGC ?

Pas besoin d’un site internet ni de compétences en graphisme. Trois outils simples font très bien l’affaire :

  • Canva : c’est celui que j’utilise. Tu peux en faire un PDF interactif ou une page web, en partant d’un modèle de portfolio créatif.
  • Notion : idéal si tu veux un mini site gratuit, avec un lien cliquable à partager.
  • Adobe Express : une alternative à Canva, rapide, si tu veux un rendu façon mini site.

Le meilleur outil, c’est celui avec lequel tu es à l’aise. Ne passe pas des semaines à hésiter.

Avant de l’envoyer, ouvre toi-même le lien sur ton téléphone, comme le ferait une marque. Vérifie que les vidéos se lancent, que le texte se lit sans zoomer et que rien n’est coupé.

Les erreurs à éviter dans un portfolio UGC

Un portfolio trop long

Une marque reçoit énormément de demandes. Si tu mets toutes tes vidéos, les meilleures se perdent au milieu des autres. Garde seulement celles dont tu es fière, et qui correspondent aux contenus que tu proposes.

Un portfolio illisible

Trop de couleurs, trop de polices, du texte minuscule, des vidéos qui ne s’ouvrent pas : la marque décroche avant d’avoir vu ton travail. Choisis une mise en page sobre et une police lisible sur téléphone. C’est ton contenu qui doit ressortir.

Des tarifs incohérents avec ton niveau

Tes tarifs doivent correspondre à ton niveau du moment. À titre indicatif, une vidéo témoignage organique (30 s à 1 min) se facture en général entre 80 et 150 € pour une débutante, et entre 200 et 250 € pour une créatrice classique. Ça varie selon la niche, ton niveau, la complexité du projet et surtout l’utilisation que la marque fera du contenu.

Moi, j’ai commencé à 90 ou 100 € par projet. J’ai observé les tarifs du marché et j’ai augmenté petit à petit. Si tu n’es pas encore sûre de toi, la mention « sur devis » te laisse adapter ton prix à chaque projet. Je détaille tout dans l’article sur les tarifs UGC et la négociation.

Si tu veux gagner du temps

Le Pack complet réunit mon guide UGC et le Starter Pack Pro : un template de portfolio modifiable sur Canva, des modèles de devis et de facture, et 9 scripts prêts à l’emploi. Tu remplaces mes exemples par tes vidéos et tes infos, et tu gardes ton énergie pour le tournage.

Quand envoyer ton portfolio à une marque ?

Pas dans ton tout premier message. Je sais, c’est tentant de glisser le lien tout de suite. Mais ce premier mail ou DM a un autre rôle : montrer que tu as analysé la marque, et lui proposer une idée de contenu précise.

Au début, j’envoyais environ 50 mails par semaine à des marques. Aucune réponse, aucun contrat. Mes mails étaient génériques, sans analyse de la marque, sans dire comment j’allais l’aider. Avec le recul, c’était ma plus grosse erreur.

Ce que je te conseille aujourd’hui :

  • Dans ton premier message, tu parles de la marque et de ton idée, et tu proposes de lui envoyer ton portfolio.
  • Tu l’envoies quand la marque te répond : elle a alors envie de voir ce que tu sais faire.

Si tes messages restent sans réponse en ce moment, j’ai écrit un article sur pourquoi tes mails aux marques restent sans réponse, avec des pistes pour les rendre plus personnels.

Et si tu t’inscris sur des plateformes qui mettent en relation créatrices et marques, tes vidéos de portfolio te serviront aussi pour remplir ton profil. Je te présente ces plateformes sur mon Instagram @kathleen_ugc.

Par où commencer cette semaine

  • Choisis trois produits que tu as chez toi et que tu aimes.
  • Écris un mini brief pour chacun : témoignage, unboxing, démonstration.
  • Tourne en journée, face à une fenêtre, avec ton téléphone.
  • Rassemble tes vidéos dans ton outil, avec les cinq rubriques.
  • Ouvre le lien sur ton téléphone pour vérifier que tout fonctionne.

L’UGC est un métier simple : on filme avec son téléphone. Mais il demande une méthode structurée, et de savoir ce qu’on vend. Ton portfolio en est la première pièce.

Questions fréquentes

Combien de vidéos mettre dans un portfolio UGC ?

Pas besoin d’en mettre beaucoup : mieux vaut quelques vidéos soignées qu’une longue liste inégale. Commence par un exemple par type de contenu que tu proposes, et enrichis-le au fil du temps.

Faut-il afficher ses tarifs dans son portfolio ?

Tu peux afficher tes tarifs ou écrire « sur devis », en précisant ce qui est inclus (script, montage, hooks, révisions). L’essentiel, c’est qu’ils restent cohérents avec ton niveau. Les fourchettes indicatives sont dans l’article sur les tarifs UGC.

Je peux ajouter mes vraies collaborations à mon portfolio ?

Oui, c’est même le but : tes projets fictifs laissent peu à peu la place à tes vraies collaborations et aux avis des marques. Vérifie simplement d’abord avec chaque marque qu’elle est d’accord pour que tu montres la vidéo.

Kathleen, créatrice UGC à plein temps depuis 3 ans. Elle a signé son premier contrat presque sans matériel, après des mois de mails sans réponse, et partage ici la méthode qu’elle aurait aimé avoir au début. Lire son histoire

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